Et si les chercheurs passaient moins de temps à réaliser des tâches répétitives et davantage à produire de nouvelles connaissances ? C’est le pari de Cellaven, start-up dijonnaise fondée en 2022 par Julien Maruotti et ses associés. Son innovation, baptisée Nestor, automatise les opérations de culture cellulaire en laboratoire afin d’accélérer la recherche et le développement de nouvelles thérapies.
L’idée est née de l’expérience quotidienne de son co-fondateur. « J’ai passé beaucoup de temps dans les laboratoires à faire de la culture de cellules souches, et ce qui m’a toujours frappé, c’est le temps que l’on passe à s’occuper de ces cellules, explique Julien Maruotti. En tant que scientifique, on pourrait faire une science plus intéressante que simplement déplacer des fluides. »
Nestor, l’assistant des laboratoires de demain
Pendant la crise sanitaire du Covid-19, il esquisse les premiers plans d’une machine capable d’automatiser ces manipulations de routine. Une vision qui se concrétise cinq ans plus tard avec le lancement de Nestor, présenté en septembre 2025. « Nestor est la matérialisation du concept que j’avais dessiné pratiquement cinq ans auparavant », souligne-t-il.
Pour développer sa technologie, Cellaven s’est appuyée sur l’écosystème de Bourgogne–Franche-Comté, aujourd’hui regroupé au sein de la marque BIOVALIANCE. « La région a un fort focus sur les microtechnologies. Nous avons trouvé localement les compétences et les technologies dont nous avions besoin pour créer notre machine », détaille le dirigeant. L’entreprise a également bénéficié d’un accompagnement structurant et du soutien de partenaires financiers régionaux.
Cellaven passe à l’échelle européenne
Aujourd’hui, Cellaven compte douze collaborateurs et a installé ses premiers équipements chez des clients pharmaceutiques fin 2025. Après avoir déployé un réseau de distribution couvrant l’Europe de l’Ouest, l’entreprise prépare sa prochaine étape de croissance. « L’objectif est de réaliser une levée de fonds en 2026 pour soutenir notre développement commercial », indique Julien Maruotti. À plus long terme, la start-up vise une série A en 2027 afin d’accélérer son expansion internationale, notamment vers les États-Unis et l’Asie.