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Portrait d’Arnaud Marthey dans le Journal du Palais – « La bonne distance de l’élu »

29 octobre 2018 Partagez sur :

Arnaud Marthey préside l’Agence économique régionale (AER) de Bourgogne Franche-Comté, il est également conseiller régional et maire de la commune de Baume-les-Dames dans le Doubs. Rencontre avec un hyper-actif de l’engagement, qui s’attache constamment à concilier vision stratégique et réalités de terrain.

Dans la volonté de brosser le portrait de quelqu’un entrent de nombreux éléments et certains, particulièrement subjectifs. Ce fut le cas pour Arnaud Marthey. Certes, ce jeune élu préside l’Agence économique régionale (AER) de Bourgogne Franche-Comté, il est conseiller régional et même maire de sa commune, Baume-les-Dames, dans le Doubs. Ces multiples casquettes auraient déjà suffi à justifier un article. Mais il y a aussi chez lui quelque chose de plus, l’affirmation de convictions qui n’apparaissent pas feintes, qui sont exprimées à l’aide d’un discours structuré, calme et d’une certaine force. Des notions qui n’apparaissent pas de manière si fréquente et qui m’avaient semblées assez marquantes, en juin dernier, lorsque j’avais eu l’occasion de l’écouter, durant de l’assemblée générale de l’AER, à Dole, dans le Jura. Lorsqu’il s’exprime sur des questions d’attractivité, de compétitions territoriales, de développement économique, Arnaud Marthey génère tout simplement une impression positive, quelque chose qui vous sort des discours qui sonnent trop souvent creux sur ce genre de thématique. Évidemment, de ce fait, on a envie d’en savoir plus sur le personnage.

Une indéniable franchise du regard et de la parole, doublée d’une réticence à se mettre en avant : avons-nous là l’archétype du Franc-Comtois, efficace autant que « taiseux » ? Verser dans les images trop simples ne suffirait évidemment pas à cerner le président de l’AER. Il faut plutôt y voir une conscience aiguë, chez lui, de la masse de travail que réclame sa fonction et de l’humilité dont il fallait faire preuve pour s’y confronter.

« TU DOIS T’AFFIRMER PAR L’ÉLECTION »

Président de l’AER depuis 2017, il était auparavant aux manettes de l’ex-agence économique régionale de Franche-Comté, poste où il a préfiguré l’agence actuelle, résultante de la fusion régionale. « Dès les élections régionales de 2015, précise-t-il, remportées par Marie-Guite Dufay, je m’étais positionné pour la présidence de l’agence économique ». Ces élections régionales ne constituaient pas un baptême du feu pour lui dont la première tentative élective remonte à 1995. Cette année-là, à 22 ans, l’étudiant qu’il était encore est présent sur une liste pour les municipales, à Baume-les-Dames. Il échoue mais a déjà mesuré l’engagement que réclame la vie politique à un niveau local. Sa seconde tentative,en 2001, sera la bonne et il fera alors son entrée au conseil municipal de cette petite ville comptant un peu plus de 5.500 habitants. « Après l’élection de 2001, rappelle-t-il, j’ai accompli deux mandats d’adjoint, aux sports et à la culture, puis, à l’approche de l’échéance électorale de 2014, mon prédécesseur à la mairie de Baume-les-Dames, Augustin Guillot, qui, pour moi, avait une hauteur de vue politique impressionnante, a souhaité passer la main. Il m’a dit : “Tu dois t’affirmer par l’élection, te présenter si tu veux y aller”». Arnaud Marthey est donc choisi pour conduire la liste dans un passage de témoin qu’il qualifie d’ « intelligent».

L’élection est remportée en 2014 et Arnaud Marthey constate d’ailleurs à cette occasion qu’il est le premier maire de Baume-les-Dames, depuis la Seconde guerre mondiale, à être véritablement un enfant du pays, qui a grandi dans cette ville. Un marqueur de plus pour celui qui s’est intéressé très jeune à la vie et à l’engagement politique. Son premier souvenir fort, souligne-t-il, c’est l’élection présidentielle de 1988. Il n’a que 15 ans mais se rappelle alors avoir vécu une expérience étonnante. « J’avais déjà, depuis longtemps, l’envie de m’impliquer dans le secteur associatif, mais cette élection m’a ouvert sur la politique et sur l’engagement public, alors que je baignais dans un environnement familial pas particulièrement orienté ou positionné politiquement. Quand j’ai commencé à m’intéresser aux émissions politiques à la télé, mes parents me regardaient un peu bizarrement, plutôt surpris de la chose… » En 1995, lorsque le candidat aux municipales de Baume-les-Dames recherchent des personnes pour constituer une liste, il sollicite la mère d’Arnaud Marthey qui répond négativement mais qui ajoute «mon fils, lui, veut vraiment y aller!» « J’ai fini en pleurs le soir du second tour, se rappelle-t-il, parce que lorsqu’on est jeune, on s’investit sans limites dans la campagne et on n’imagine pas la défaite. Avec le recul, je me dis que c’était sans doute mieux de commencer par une défaite. J’en conserve le souvenir d’une expérience marquante, où il fallait se présenter devant les électeurs, parler en public, se mettre à nu d’une certaine façon, mais j’ai aimé ça ! »

Le lien direct avec la population, Arnaud Marthey le vit au quotidien en tant que maire. Une relation pas toujours aisée, surtout à l’heure des réseaux sociaux mais le débat ne lui fait pas peur. Devenir conseiller régional dans le contexte de la fusion de la Bourgogne et de la Franche-Comté non plus. Il a plus vu dans cette situation un challenge passionnant à relever en particulier sur les questions de développement et d’attractivité économique. Ce qui rend, dans ce contexte, le profil d’Arnaud Marthey intéressant, c’est aussi sa formation de fonctionnaire territorial. Il est titulaire d’un DESS de management du secteur public. Il a oeuvré dans les ressources humaines, les finances, a été directeur-adjoint d’une communauté de communes. Il y a chez lui cette double dimension, pas si fréquente là encore, de technicien au fait des arcanes de ce qui fait la vie économique d’un territoire, et la dimension politique qui doit accompagner sa fonction de président de l’AER. « Ma formation et ma conception de la fonction d’élu font que je me place toujours dans la condition d’apprendre quelque chose. C’est indispensable pour avancer. Le fait d’être praticien par nature c’est important et précieux et à cela s’ajoute la nécessité, en tant que président, de développer une vision stratégique, avec plus de hauteur ».

En plus de ses mandats électifs, il travaille toujours, à mi-temps, pour une collectivité. Quant à sa fonction de président de l’AER, elle a été marquée, sur les 12 premiers mois, par la tâche, à la fois ingrate et indispensable consistant à mener à bien la fusion des agences économiques de Bourgogne et de Franche-Comté. « Cette mise en place a nécessité un investissement très fort de chacun. Il fallait en passer par là. À présent que cette étape a été franchie, mon mandat correspond plus à l’idée que je m’en faisais au départ et je suis plutôt content de ce que nous sommes parvenus à mettre en place ». L’une des priorités que se fixait au départ le nouveau président, c’était de rendre plus visible cette agence et ce qu’elle accomplit dans le cadre du Schéma régional de développement économique, d’innovation et d’internationalisation (SRDEII). « On a besoin de montrer le savoir de l’AER, mettre en valeur les capacités de l’ensemble des équipes, et le rôle de ces équipes lorsque se concrétise la réalisation d’un beau projet d’implantation ou de développement économique ».

Article rédigé par Berty Robert

Retrouvez cet article dans la rubrique Portrait du Journal du Palais N° 4626 (Du 29 novembre au 4 octobre)

Interview d’Arnaud Marthey (à droite) par Berty Robert, rédacteur en chef au Journal Du Palais (à gauche)