Interview de Guillaume BLANCHET, Directeur associé chez UI Investissement
UI Investissement : 30 ans aux côtés des entrepreneurs de Bourgogne-Franche-Comté
Depuis 1996, les équipes de UI Investissement accompagnent les entreprises de Bourgogne-Franche-Comté en fonds propres. Start-ups innovantes, PME en développement ou en transmission, entreprises confrontées à une difficulté conjoncturelle : UI intervient à différents moments de leur parcours, en lien étroit avec les acteurs régionaux de l’innovation et du développement économique.
AER BFC : UI Investissement se positionne comme un acteur historique du capital investissement en région. En quoi votre approche se distingue-t-elle d’autres fonds, notamment dans l’accompagnement des PME et ETI innovantes ?
Guillaume BLANCHET : Notre première particularité est notre ancrage territorial. Nos équipes sont implantées à Besançon et Dijon, au contact direct des entreprises et des acteurs qui les accompagnent. Nous sommes présents en Bourgogne-Franche-Comté depuis 30 ans.
Notre deuxième spécificité est de réunir trois métiers rarement exercés par une même équipe en région. Nous accompagnons les PME dans leurs projets de développement ou de transmission. Nous pouvons également intervenir lorsqu’une entreprise viable rencontre une difficulté conjoncturelle et doit consolider sa situation. Enfin, nous finançons les start-ups innovantes, depuis leurs premières étapes jusqu’à des phases de croissance plus avancées.
Notre rôle ne consiste pas seulement à apporter des capitaux. Nous entrons au capital des entreprises pour une durée généralement comprise entre cinq et sept ans et accompagnons les dirigeants dans leurs décisions structurantes : gouvernance, recrutements, industrialisation, développement commercial, acquisitions ou recherche de nouveaux financements.
Depuis le rapprochement avec UI en 2020, nous conservons cette proximité régionale tout en donnant aux entreprises accès aux compétences, au réseau et aux capacités financières d’un acteur national.
AER BFC : Quel est votre rôle au sein de UI Investissement et quel a été votre parcours ?
Guillaume BLANCHET : Je suis Directeur associé Innovation – Est. Je participe au pilotage de l’activité Innovation de UI et accompagne plus particulièrement les entreprises innovantes en Bourgogne-Franche-Comté, dans le Grand Est et en Centre-Val de Loire.
Mon parcours m’a permis de connaître plusieurs facettes de la vie d’une entreprise. Après une première expérience dans l’audit, j’ai exercé des responsabilités financières au sein d’une PME en forte croissance au Royaume-Uni, jusqu’à sa cession à un groupe américain. J’ai ensuite rejoint le capital-investissement en 2014, d’abord chez Siparex puis chez Invest PME, avant le rapprochement avec UI Investissement en 2020.
Ce qui m’intéresse dans ce métier est la rencontre entre une équipe, une idée et une ambition. Notre responsabilité est de comprendre le projet, d’apporter les moyens nécessaires et d’aider les dirigeants à franchir les étapes qui transformeront cette ambition en entreprise pérenne.
AER BFC : Quels sont aujourd’hui les principaux critères ou signaux que vous recherchez chez une entreprise innovante avant d’envisager un investissement ?
Guillaume BLANCHET : Nous regardons d’abord les femmes et les hommes qui portent le projet. Une bonne idée ne suffit pas. Nous recherchons une équipe complémentaire, lucide sur ses forces et ses besoins, capable d’écouter, de décider et de tenir dans la durée.
Nous analysons ensuite le problème auquel répond l’entreprise, la valeur apportée aux clients et la capacité du projet à se différencier. L’innovation peut être technologique, mais aussi porter sur un usage, un procédé industriel, un service ou un modèle économique.
Nous évaluons également la profondeur du marché, les premiers signes d’intérêt des clients, la capacité à industrialiser ou à déployer la solution et l’adéquation entre les ambitions de l’entreprise et ses besoins financiers.
Enfin, dans le cadre de nos fonds régionaux, nous sommes attentifs à l’ancrage territorial : emplois créés, implantation d’une activité industrielle, développement d’un savoir-faire ou capacité à attirer de nouvelles compétences en Bourgogne-Franche-Comté.
Il n’est pas nécessaire que tout soit parfaitement abouti pour nous contacter. Notre métier consiste justement à investir tôt et à accompagner loin.
AER BFC : Comment travaillez-vous avec les acteurs régionaux de l’accompagnement (incubateurs, pôles, agences, réseaux consulaires, etc.) dans la détection et la structuration des projets d’investissement ?
Guillaume BLANCHET : Nous intervenons en complémentarité avec les membres du Réseau Régional de l’Innovation (RRI). En amont, ces partenaires aident les porteurs de projet à clarifier leur proposition de valeur, valider une technologie, structurer une équipe ou accéder à leurs premiers financements. Lorsque le besoin de fonds propres apparaît, ils peuvent orienter l’entreprise vers nous au bon moment.
Nous analysons alors le projet, son besoin de financement et les conditions nécessaires à son développement. Nous travaillons fréquemment avec d’autres investisseurs, notamment des Business Angels et des fonds régionaux ou nationaux, ainsi qu’avec les banques et les dispositifs publics.
Après l’investissement, le réseau reste essentiel. Selon les besoins de l’entreprise, nous continuons à mobiliser les partenaires régionaux autour du recrutement, de l’industrialisation, de l’innovation, de l’export ou des financements non dilutifs. Chacun apporte son expertise au service du parcours de l’entreprise.
AER BFC : Quelle est aujourd’hui votre stratégie d’intervention en Bourgogne-Franche-Comté ? Pouvez-vous citer quelques typologies d’entreprises ou secteurs que vous accompagnez dans la région ?
Guillaume BLANCHET : Notre stratégie repose sur trois métiers complémentaires.
Le premier est le capital développement et transmission. Nous accompagnons les PME qui souhaitent investir, recruter, réaliser une acquisition, ouvrir de nouveaux marchés ou préparer leur transmission. Notre nouveau fonds régional, Cap BFC 5, est dédié à ces projets.
Le deuxième est la consolidation. Nous intervenons auprès d’entreprises qui disposent de compétences, de marchés et de projets prometteurs, mais qui sont fragilisées par une difficulté conjoncturelle ou un endettement devenu trop lourd. Notre rôle est alors de travailler avec le dirigeant et de réunir autour de la table les banques, les financeurs et les partenaires nécessaires pour construire une solution durable.
Le troisième est l’innovation. Avec Cap Création 6, nous finançons des start-ups dès l’amorçage et les aidons à franchir leurs différentes étapes de développement. Cap Création 6 a vocation à investir tôt et à accompagner les entreprises jusqu’à des tours de financement plus avancés.
Nous gérons également le fonds régional de co-investissement OSER Bourgogne-Franche-Comté, créé par la Région Bourgogne-Franche-Comté avec le soutien de l’Union européenne au titre du FEDER et confié par le Fonds européen d’investissement à UI Investissement. Doté de 15 millions d’euros, il intervient aux côtés d’investisseurs privés pour renforcer les fonds propres des jeunes entreprises innovantes et des PME régionales à potentiel de croissance.
Nous sommes ouverts à de nombreux secteurs, avec une attention particulière pour l’industrie et les deeptechs, la santé et les medtechs, les matériaux avancés, l’agriculture et l’agroalimentaire, le numérique, les logiciels et la transition environnementale. Ces domaines correspondent à des savoir-faire forts et à des filières stratégiques de la région.
AER BFC : Quels chiffes-clés illustrent vos actions en Région ces dernières années ?
Guillaume BLANCHET : En 30 ans de présence en Bourgogne-Franche-Comté, nous avons accompagné 175 entreprises et injecté 160 millions d’euros de fonds propres, à travers 16 fonds successifs.
Ces entreprises représentaient environ 10 000 emplois créés ou préservés sur le territoire au moment de notre sortie. Notre intervention produit également un effet d’entraînement : la présence d’un investisseur au capital facilite souvent la mobilisation de financements bancaires, publics ou apportés par d’autres investisseurs.
Mais les chiffres ne racontent qu’une partie de l’histoire. Derrière eux, il y a des entreprises transmises, des sites industriels consolidés, des start-ups devenues des PME, des emplois maintenus et des dirigeants accompagnés dans les moments déterminants de leur parcours.
AER BFC : Quelle est l’actualité de UI Investissement ?
Guillaume BLANCHET : L’année 2026 est d’abord celle de nos 30 ans de présence en Bourgogne-Franche-Comté. Cet anniversaire nous permet de mesurer le chemin parcouru, mais surtout de préparer la suite.
Notre actualité est également marquée par deux fonds actuellement en levée.
Cap BFC 5 est notre nouveau fonds régional consacré aux PME. Il doit financer leurs projets de croissance, leurs investissements, leurs transmissions et, dans certaines situations, leurs projets de rebond.
Cap Création 6 est consacré aux entreprises innovantes. Son ambition est d’identifier les projets prometteurs dès leurs premières étapes, de leur apporter les capitaux qui manquent encore trop souvent en région et de les accompagner suffisamment longtemps pour faire émerger les champions de demain.
Ces deux fonds sont ouverts aux investisseurs institutionnels, mais également aux entrepreneurs et aux personnes physiques souhaitant investir une partie de leur épargne dans l’économie réelle et le développement du territoire.
AER BFC : Quels sont les contacts et liens utiles pour vous joindre ?
Guillaume BLANCHET : Les entrepreneurs peuvent nous contacter directement ou être mis en relation avec nous par leur accompagnateur au sein du RRI. Nous sommes disponibles pour échanger en amont, y compris lorsqu’un projet n’est pas encore totalement structuré. Un premier échange permet de comprendre l’ambition de l’entreprise, son calendrier et de déterminer si l’investissement en fonds propres est adapté à son besoin.
Guillaume Blanchet
Directeur associé Innovation – Est
guillaume.blanchet@ui-investissement.fr
06 29 71 69 79
Interview réalisée par Céline MARMONT-TENDRON, Chargée de promotion de l’innovation